{"id":352,"date":"2016-06-27T16:33:08","date_gmt":"2016-06-27T14:33:08","guid":{"rendered":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/?p=352"},"modified":"2020-12-17T09:27:16","modified_gmt":"2020-12-17T08:27:16","slug":"polichinelle","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/2016\/06\/27\/polichinelle\/","title":{"rendered":"Polichinelle"},"content":{"rendered":"<p>Impossible \u00e0 vivre, il hante nos salons du mal subi, fid\u00e8le demeurant quelque part entre prudence et torpeur. Dans les chambres, un nom murmur\u00e9 \u00e9chappe \u00e0 son souffle nocturne illustr\u00e9 de myst\u00e9rieuses raisons collantes de papier peint. Les bruits de couloir r\u00e9sonnent du fumoir. Il affuble nos journ\u00e9es dans l\u2019ombre glac\u00e9e de ses empreintes. En cuisine, l\u2019aiR le vaporise comme si les nuages n\u2019avaient pas d\u2019ext\u00e9rieur. Immortel, au-dessus de tout soup\u00e7on, il nervure notre \u00e2me jur\u00e9e : on le nomme \u00ab\u00a0secret\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En famille, une vermine contagieuse l&rsquo;enracine sans scrupules.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re, \u00e0 la n\u00e9vrose infantile inavou\u00e9e, souille son r\u00f4le d\u2019aventures irrespectueuses en mensonges grossiers. Sans savoir, on l\u2019\u00e9coute en toute confiance avec l\u2019amour qu\u2019il aime r\u00e9clamer \u00e0 outrance. Plus tard, ses paroles afficheront cinquante \u00e0 z\u00e9ro pour ses actes, trop tard. Le p\u00e8re No\u00ebl n\u2019existe pas. Premier choc tandis que l\u2019enfant cach\u00e9 est l\u2019absence sugg\u00e9r\u00e9e de toutes pens\u00e9es lors du repas mais chut, surtout n\u2019en parlons pas ! Tiens, la soeur palpe la violence des discussions au plat de r\u00e9sistance et se referme comme une hu\u00eetre collectionnant en cachette ses perles de non-dits. Le petit rigolo, fianc\u00e9 de la fille, d\u00e9montre trop de g\u00e9nie pour \u00eatre sinc\u00e8re, il doit y avoir anguille sous roche. Il para\u00eet que sa m\u00e8re est gravement malade, sa voisine l\u2019a dit \u00e0 la boulang\u00e8re. Quoi qu&rsquo;il en soit, il parle trop sans l\u2019essentiel. L\u2019oncle a la mine des mauvais jours, un divorce vieillit le vin de sa coupe remplie de d\u00e9chirure. La cousine fait une annonce inutile puisque son ventre a la rondeur du nouveau. Dans le jardin, Incognito le chien court nicher son os, et le fils fouille les tiroirs de la commode du cellier en catimini \u00e0 la recherche du tr\u00e9sor universel : \u00ab\u00a0dis maman, comment fait-on les b\u00e9b\u00e9s ?\u00a0\u00bb Le rire \u00e0 l\u2019unisson impressionne cet enfant imaginant un jour \u00eatre le grand-p\u00e8re qui r\u00e8gne par principe. En son temps, la grand-tante Claudine n\u2019aurait pu imaginer sa vie en couleur sur une toile publique m\u00e9diatis\u00e9e de faux semblants afin de gaver les r\u00e9seaux sociaux. Saviez-vous que la professeur de samba de Claire va se changer dans le bureau de Firmin en haut de l\u2019\u00e9cole primaire ? Le scandale \u00e9clate sous le pr\u00e9au, on l&rsquo;\u00e9tale en famille. Pour finir, le gagnant est l\u2019hypocrite de service, l&rsquo;ami du soi-disant. Toujours pr\u00e9sent \u00e0 la tabl\u00e9e du dimanche, il p\u00eache les nouvelles en d\u00e9sossant chaque membre inutilement. Une deuxi\u00e8me part de g\u00e2teau, s\u2019il-vous-pla\u00eet, trop n\u2019est jamais assez pour nourrir les convives \u00e0 la fabulation sans vergognes.<\/p>\n<p>En soci\u00e9t\u00e9, il se cache pour mieux combattre les injustices.<\/p>\n<p>L\u2019entretien d\u2019embauche se d\u00e9roule dans les bureaux \u00e0 la fa\u00e7ade impeccable de transparence. Le jeune dipl\u00f4m\u00e9 a grandi dans une patrie d\u00e9clar\u00e9e fraternelle o\u00f9 le travail d\u00e9termine la valeur et l\u2019investissement en masse. L\u2019assistante, au sourire d\u00e9guis\u00e9 de circonstance, accueille les candidats potentiels tel un v\u00e9ritable Pit Bull. La comp\u00e9tition commence, le patron raccroche avec son comptable histoire de tirer le meilleur b\u00e9n\u00e9fice du prochain vir\u00e9 sur la liste \u00e0 qui il diagnostiquera un absurde manque \u00e0 gagner dans la bo\u00eete \u00e0 camembert. En r\u00e9alit\u00e9, le licenci\u00e9 a le b\u00e9guin pour la femme du patron, fait r\u00e9ciproquement v\u00e9ridique et visiblement condamnable. On le sait, on se tait :\u00a0\u00ab\u00a0au suivant !\u00a0\u00bb Dix ans de psychanalyse \u00e9pouseront l&rsquo;affaire. Les dossiers class\u00e9s top secret, niveau rez-de-chauss\u00e9e, en disent long d\u2019apr\u00e8s les coll\u00e8gues abonn\u00e9s au caf\u00e9 matinal. Malgr\u00e9 tout, la r\u00e8gle num\u00e9ro un figure le fameux motus et bouche cousue. Dipl\u00f4me faisant foi, le jeune est admirablement recrut\u00e9 au poste vacant, tant d\u2019appellations valorisantes pour un minimum d\u00e9vers\u00e9 en fin de mois tax\u00e9 pour le bien de tous ou plut\u00f4t de quelques uns formant un tout. Un lendemain de pleine lune, il pleut des cordes sur le toit patronal fumant de col\u00e8re. Abracadabra, la une des journaux est consacr\u00e9e \u00e0 sa soci\u00e9t\u00e9 douteuse : surprise ! En noble cons\u00e9quence les employ\u00e9s subissent les hurlements de honte du responsable. La remise en question n\u2019est certes pas \u00e0 l\u2019honneur en ce qui concerne le haut de l\u2019\u00e9chelle, mieux vaut d\u2019ailleurs ne pas tomber seul, d\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat de s\u2019en prendre aux autres ! \u00c0 vrai dire, le petit dernier en place est un g\u00e9nie de l\u2019informatique. Il a rapidement d\u00e9voil\u00e9 au monde les comptes scandaleux de l&rsquo;entreprise couverte par l\u2019\u00e9tat et une horde d\u2019avocats v\u00e9reux, tous droits r\u00e9serv\u00e9s. Les financements frauduleux, documents falsifi\u00e9s et autres confidentialit\u00e9s dont une fortune non d\u00e9clar\u00e9e causeront la perte de celui qui eut les yeux plus gros que le ventre. En revanche, ce n\u2019est qu\u2019un petit pois dans l\u2019immense manipulation financi\u00e8re de nos dirigeants \u00e0 la morale douteuse et aux magouilles insupportables. Le g\u00e9nie d\u00e9cide d\u2019oeuvrer en toute clandestinit\u00e9 car aujourd\u2019hui, s\u2019exposer au monde c\u2019est l\u2019accepter, or ni lui ni nous ne voulons un environnement soumis \u00e0 l&rsquo;information fleurissante de pots de vin.<\/p>\n<p>Cadenasser l\u2019amour ne fait qu\u2019alourdir ce dernier jusqu\u2019\u00e0 la chute. Point de non retour \u00e0 nos actions verrouill\u00e9es d\u2019honneur, nos histoires ne font pas facilement les grands Hommes. Un jour de soleil timide, quelqu\u2019un m\u2019a confi\u00e9 une v\u00e9rit\u00e9 devenue ma botte secr\u00e8te. Pourvu que je ne me trompe pas de pieds car de m\u00e9li en m\u00e9lo, parfois, je ne sais plus qui croiRe.<\/p>\n<p>\u00a9 Emilie Z\u00e9beRt<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Impossible \u00e0 vivre, il hante nos salons du mal subi, fid\u00e8le demeurant quelque part entre prudence et torpeur. Dans les chambres, un nom murmur\u00e9 \u00e9chappe \u00e0 son souffle nocturne illustr\u00e9 de myst\u00e9rieuses raisons collantes de papier peint. Les bruits de couloir r\u00e9sonnent du fumoir. Il affuble nos journ\u00e9es dans l\u2019ombre glac\u00e9e de ses empreintes. En &hellip; <a href=\"http:\/\/emilie.paris\/blog\/2016\/06\/27\/polichinelle\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Polichinelle<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":true,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-352","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p6slt6-5G","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/352","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=352"}],"version-history":[{"count":118,"href":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/352\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1037,"href":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/352\/revisions\/1037"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=352"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=352"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=352"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}