{"id":152,"date":"2015-12-21T16:24:57","date_gmt":"2015-12-21T15:24:57","guid":{"rendered":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/?p=152"},"modified":"2020-02-23T19:56:57","modified_gmt":"2020-02-23T18:56:57","slug":"toc-toc-toc","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/2015\/12\/21\/toc-toc-toc\/","title":{"rendered":"Toc Toc Toc"},"content":{"rendered":"<p>Si ce soir le dernier souffle frappait \u00e0 votre porte, quel vent guiderait vos ailes ?<br \/>\nCelui qui oriente au large des c\u00f4tes traditionnelles \u00e9clair\u00e9es par les phares sur le sol de nos habitudes ou celui qui claque les volets r\u00e9unissant les siens autour de l\u2019accueillante chemin\u00e9e enflamm\u00e9e par les m\u00e9andres de nos \u00e2mes ?<\/p>\n<p>Je suis Gustave, aujourd\u2019hui je pars en mer et non sans mal. A l\u2019abordage moussaillon ! Il est temps de c\u00f4toyer le grand air : toutes voiles dehors, adieu beau rivage ! L\u2019aventure \u00e9merge ainsi des flots alors que la faim alerte nos vies depuis la travers\u00e9e courageuse de nos terres. Cap au compas, les rosaces de nos destins se fixent d\u00e9sormais au Nord abandonnant sauvages paysages. A l\u2019embarcad\u00e8re de nos instabilit\u00e9s, une frayeur enveloppe soudain mes doutes. \u00ab\u00a0Larguez les amarres\u00a0\u00bb disent-ils, les miens sont d\u00e9j\u00e0 si loin\u2026 Le bonnet rouge tricot\u00e9 par Granny me rassure, je pense \u00e0 l\u2019occident de mes d\u00e9sirs, il semblerait que Cousteau chaperonne mon p\u00e9riple. Oh Calypso, enl\u00e8ve cet air triste \u00e9trangl\u00e9 de conditions mis\u00e9rables, visage de tes voyageurs. Pour ma part, la d\u00e9couverte excite le papillon naissant, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re des temps modernes, puisse-t-elle \u00eatre \u00e0 la hauteur des chants qui ont guid\u00e9 ma jeunesse. Ang\u00e9lus de la mer, aurai-je ton soutien au fil de l\u2019eau tourment\u00e9e par tes vagues ? A vrai dire, je suis vierge de navigation, tu fais danser mes pieds sur la coque de tes entrailles ignorant de qui peuple ton infini. Au Katanga nous disons \u00ab\u00a0kipya kinyemi ingawa kidonda\u00a0\u00bb (une nouveaut\u00e9 a son charme, m\u00eame si c\u2019est douloureux) et crois moi, je souffre. Sans crier gare, dame nuit habille le ciel du noir de sa parure ne faisant qu\u2019un avec l\u2019oc\u00e9an des curiosit\u00e9s. Le sommeil atteint alors la lueur de mes inqui\u00e9tudes. Demain serai-je vraiment loin des frissons de l\u2019horreur ?<\/p>\n<p>Les pleurs du go\u00e9land \u00e9veillent mes sens chavir\u00e9s par l\u2019odeur humide et la saveur sal\u00e9e de la commissure de mes l\u00e8vres. Mes paupi\u00e8res lourdes ont peine \u00e0 r\u00e9aliser l\u2019intensit\u00e9 lumineuse \u00e9blouissante de splendeur. A bord de tout soup\u00e7on, ma r\u00e9serve d\u2019eau est moindre\u2026 Malaises en cascade battent le rythme des courants \u00e9cum\u00e9s par les songes d\u2019une nuit vol\u00e9e.<br \/>\nBonjour belle mer, ton tumulte manifestement encr\u00e9 au plus profond de tes abysses confondait mon ignorance. Puis-je \u00eatre ton adopt\u00e9 ? Ma terre a colori\u00e9 l\u2019orphelin que je suis, si mon souffle te d\u00e9pla\u00eet, entends ma requ\u00eate, je t\u2019en prie. Eau toute puissante, soigne ma soif et bannis l\u2019\u00e9puisement latent. Apatride d\u2019hier, \u00ab\u00a0ah mer ride\u00a0\u00bb j\u2019inventerai demain, mots pour maux, mon enti\u00e8ret\u00e9 faisant foi.<\/p>\n<p>Quatre jours durant, faim au ventre, espoir en main et balivernes aux oubliettes, je refuse d\u2019\u00eatre une victime de plus, une de trop. A bout de force, Mirage a raison de moi. C\u2019est ainsi que je nomme un matelot imaginaire de circonstance, Mirage, curieux compagnon de travers\u00e9e. En toute simplicit\u00e9, nous \u00e9changeons : \u00ab\u00a0Nous part\u00eemes cinq cents, mais par un non renfort, nous nous v\u00eemes trois cents en arrivant au port\u00a0\u00bb\u2026 Ah ! Vieille corneille ! Aussi rouill\u00e9 que la poupe, le vent en gr\u00e2ce, je ne sais quelle \u00e9nergie me maintient en vie. La faiblesse des autres ne doit pas m\u2019abattre, trop ont d\u00e9j\u00e0 salu\u00e9 l\u2019eau de l\u00e0. Nous r\u00e9sisterons Mirage, pour nos fr\u00e8res, pour nos r\u00eaves. Et si j\u2019\u00e9tais rest\u00e9 aupr\u00e8s de mes balubas ce soir, j\u2019aurais mang\u00e9 peu mais chaudement admirant Shani \u00e0 la lueur des flammes endiabl\u00e9es de d\u00e9sir. Mes yeux s\u2019aveugleraient sur ses seins partageant des hanches g\u00e9n\u00e9reuses, je boirais son corps, osmose parfaite rayonnante dans l\u2019immensit\u00e9 brutale d\u2019une si rare beaut\u00e9. Un aiR chaud me remplit, Shani, j\u2019avancerai en toi sur ces terres inconnues, c\u2019est promis, nos ardeurs vaporeuses parfumeront bient\u00f4t ma peau. Imm\u00e9diatement parti, je reviendrai Fidel pour nos vies. Mirage, aide-moi, orteils et mains gel\u00e9s j\u2019hume l\u2019effluve, fi\u00e9vreux, ma t\u00eate ensommeill\u00e9e plonge lourdement \u00e0 la d\u00e9rive de mes folies. L\u00e0-bas, on aurait pris soin de moi. Shani je sais que tu danses pour les esprits voyageurs, je le sens, je te vois, petit cheval fougueux, je t\u2019aime tant, mon coeur s\u2019emballe, battons la chamade !<\/p>\n<p>Au secours, je me noie, vide joie \u2026 &#8211; &#8211; &#8211; \u2026<\/p>\n<p>Aurais-je fait tous ces efforts, toutes ces concessions sans jamais tanguer le Paris que Granny contait si bien ? Est-ce ainsi que se termine les aventures de Cousteau ? Calypso, ta fougue de clapotis, serait-ce un bravo ? Et Shani, quand te reverrai-je ? Non, non, non !<\/p>\n<p>O\u00f9 suis- je ? Larmes du ciel cognent-elles une fen\u00eatre ou est-ce de nouveau la houle de tes caprices ?<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u00bf Hola que tal ?\u00a0\u00bb Je n\u2019oublierai jamais cette voix pleine de vie terrestre aux sonorit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res. Depuis, chaque \u00ab\u00a0bonjour\u00a0\u00bb partag\u00e9 a beaucoup plus qu\u2019un sens de politesse bien pensante. Si vous frappez chez moi, du toc toc toc, un \u00ab\u00a0mi casa es tu casa\u00a0\u00bb fera dor\u00e9navant \u00e9cho.<\/p>\n<p>Paris attendRa, ici on me sauva !<\/p>\n<p>\u00a9 Emilie Z\u00e9beRt<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si ce soir le dernier souffle frappait \u00e0 votre porte, quel vent guiderait vos ailes ? 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