{"id":119,"date":"2015-10-12T15:36:56","date_gmt":"2015-10-12T13:36:56","guid":{"rendered":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/?p=119"},"modified":"2020-02-23T19:49:09","modified_gmt":"2020-02-23T18:49:09","slug":"de-vous-a-moi-3","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/2015\/10\/12\/de-vous-a-moi-3\/","title":{"rendered":"De vous \u00e0 moi"},"content":{"rendered":"<p>Elle respire, c\u2019est une fille. Vivace, elle grandit sans pr\u00e9avis, aujourd\u2019hui elle rebondit pr\u00e8s de lui. Appelez-la \u00c9lise pour la lettre. Etranges sont ses convictions et son optimisme d\u00e9jant\u00e9. Tel un cam\u00e9l\u00e9on, elle a su harmoniser sa vie malgr\u00e9 un certain manque d\u2019\u00e9quilibre, selon eux. Eux c\u2019est vous, c\u2019est moi, c\u2019est elle. Les conversations la nourrissent, artisane de la bonne discussion, elle l\u2019entame sans rond de jambe. Si jamais un homme, puisqu\u2019elle est femme aujourd\u2019hui, n\u2019a d\u2019int\u00e9r\u00eat que pour sa beaut\u00e9, elle en joue terriblement, fatale en imp\u00e9tuosit\u00e9. A contre-courant, sa singularit\u00e9 attire les passants hasardeux. Son salon litt\u00e9raire est populaire, elle ne \u00ab\u00a0Boileau\u00a0\u00bb qu\u2019en repr\u00e9sailles. Constamment \u00e0 la recherche des autres, au-del\u00e0 de leur savoir, c\u2019est l\u2019humanit\u00e9 qu\u2019elle d\u00e9c\u00e8le, certainement la peur de l\u2019abandon, une fois n\u2019est pas coutume. Autant souligner ses silences inqui\u00e9tants qui m\u00e8nent \u00e0 la d\u00e9rive son entourage. Si \u00c9lise se tait, Chlo\u00e9 \u00e9cume ses jours.<\/p>\n<p>Chlo\u00e9, non loin des n\u00e9nuphars, vit nue, hant\u00e9e par d\u2019innombrables utopies. L\u2019aiR perdu, parfois m\u00eame un peu triste, le peintre sait les d\u00e9tours de son visage et la convoite impun\u00e9ment. Si seulement l\u2019homme de tous les hommes \u00e9tait, elle chanterait la tendresse. H\u00e9las la m\u00e9lodie de ses songes ne trouve gr\u00e2ce qu\u2019\u00e0 des heures farfelues. La po\u00e9sie masculine rime \u00e0 l\u2019aurore d\u2019une aventure puis l\u2019imaginaire doit combler la suite par amour. Une trag\u00e9die r\u00e9p\u00e9titive, une histoire de lever de soleil. Enfin l\u2019enfant d\u00e9sir\u00e9 ne conna\u00eet pas encore le visage de son p\u00e8re. Dure r\u00e9alit\u00e9 couronn\u00e9e d\u2019incertitude fatigante. Son amie, sans moindre mesure, la soigne. Gr\u00e2ce \u00e0 leur affinit\u00e9 Chlo\u00e9 a saisit la chance du \u00ab\u00a0moins pire\u00a0\u00bb masqu\u00e9e par un sourire conventionnel. Recroquevill\u00e9e lorsqu\u2019elle s\u2019endort, un ange veille sur ce petit oiseau napp\u00e9 de duvet sous ses plumes. Pure c\u00e2line, il l\u2019enroule dans ses ailes pr\u00e9textant un meilleur lendemain ; il l\u2019aime, elle s\u2019en assure, na\u00efve, avant de perdre toute illusion.<\/p>\n<p>La musique \u00e9veille malais\u00e9ment Roxane encore noy\u00e9e dans les vapeurs naus\u00e9abondes de la veille. L\u2019oeil hagard, elle se souvient de cet homme f\u00e9ministe qui a charm\u00e9 sa soir\u00e9e, il \u00e9tait belle. Roxane, \u00e0 la personnalit\u00e9 d\u00e9bordante, n\u2019a peur de rien. Rafra\u00eechie \u00e0 l\u2019eau bellifontaine, fin pr\u00eate, elle sillonne les routes parisiennes, cavali\u00e8re des temps modernes. Les terrasses l\u2019entra\u00eenent d\u2019euphorie en moments partag\u00e9s, sans tabou, ni kangourou, elle s\u2019en fout ; ce soir elle joue, hibou, caillou, genou. Demain la salle sera sc\u00e8ne, elle rira sans doute, essuyant les verres des accoud\u00e9s du bar. Impr\u00e9visible, Roxane peut jaillir si l\u2019injustice mord son oreille, \u00ab\u00a0prends garde \u00e0 toi\u00a0\u00bb. Le scandale nourrit son aura, pas de repos au combat, elle affronte, effront\u00e9e, effar\u00e9e, affam\u00e9e. Elle a la force pour les faibles et s\u2019amuse comme vous vous ennuyez. L\u2019indigence l\u2019horrifie, de ce fait, sans scrupules, elle se prononce puis d\u00e9nonce \u00e0 ses risques et p\u00e9rils. Ensuite nous verrons bien, des aventures elle en a plein, rien ne la retient.<\/p>\n<p>B\u00e9r\u00e9nice prend racine dans sa cabane. Plantations c\u00f4toient guirlande, bouquins, bibelots, cadres et bo\u00eetes. Une vie pleine de d\u00e9tails expos\u00e9e dans cet atelier \u00e0 coeur ouvert. Le choix pr\u00e9cautionneux de leurs emplacements l\u2019inspire lorsque les pinceaux guident ses mains sur la toile ou que ses doigts s\u2019agitent sur les lettres pour les mots de ses id\u00e9es. C\u00f4t\u00e9 casseroles, la vue de sa fen\u00eatre digne d\u2019un d\u00e9cors de la nouvelle vague influence les recettes qu\u2019elle explore au croisement des gourmandises. B\u00e9r\u00e9nice filme sa cachette de la rue Lhomond car les souvenirs envo\u00fbtent ses moulures. L\u00e0 o\u00f9 Roxane d\u00e9range, B\u00e9r\u00e9nice arrange, m\u00e9ticuleuse et ordonn\u00e9e malgr\u00e9 son incoh\u00e9rence. Elle fl\u00e2ne du lit au bureau, chaussures dans un coin, miroirs suspendus, v\u00eatements \u00e9parpill\u00e9s. Musique en l\u2019aiR, elle danse, voisins \u00e0 l\u2019aff\u00fbt, mouettes sur chemin\u00e9es puis \u00e9pouse sa baignoire, les yeux dans le ciel. Croissants chauds et oranges press\u00e9es, ce sont les matins aim\u00e9s. La coquetterie n\u2019est qu\u2019une affaire de badinage.<\/p>\n<p>A l\u2019octobre de mes \u00ab\u00a0moi\u00a0\u00bb, je suis de nouveau une autre d\u2019entre elles. Elise, Chlo\u00e9, Roxane ou B\u00e9r\u00e9nice habitent le m\u00eame corps, celui que, des soeurs Bront\u00eb, l\u2019on nomma Emilie. Nous r\u00eavons ensemble d\u2019une accordeuse qui ajustera nos d\u00e9rives, \u00e9l\u00e8vera nos esprits, cultivera le savoir dans l\u2019\u00e9coute respectueuse de notre environnement peupl\u00e9 de voyages sans fronti\u00e8res. Nomade de l\u2019instant, l\u2019Homme que nous sommes unira nos libert\u00e9s, bonheur dans les valises, destination le partage. Ne pas dilapider notre temps de vie, ni gaspiller nos humeurs, attiser la sobri\u00e9t\u00e9, la r\u00e9flexion, la curiosit\u00e9 rebelle loin du pouvoir politique d\u00e9moniaque et autodestructeur. Nous nous battrons sans cesse face \u00e0 l\u2019abondance abusive de nos contemporains \u00e9blouis par le para\u00eetre ridicule qui creusent des in\u00e9galit\u00e9s irr\u00e9versibles. Surtout nous sommes Femme pr\u00eate \u00e0 mourir pour les siennes et cr\u00e9atrice d\u2019un nouveau monde. L\u2019exp\u00e9rience g\u00e9n\u00e8re une remise en place perp\u00e9tuelle de notre respiRation, nous sommes ce que nous faisons. Et vous ? Comment vous appelez-vous ?<\/p>\n<p>\u00a9 Emilie Z\u00e9beRt<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elle respire, c\u2019est une fille. Vivace, elle grandit sans pr\u00e9avis, aujourd\u2019hui elle rebondit pr\u00e8s de lui. Appelez-la \u00c9lise pour la lettre. Etranges sont ses convictions et son optimisme d\u00e9jant\u00e9. Tel un cam\u00e9l\u00e9on, elle a su harmoniser sa vie malgr\u00e9 un certain manque d\u2019\u00e9quilibre, selon eux. Eux c\u2019est vous, c\u2019est moi, c\u2019est elle. 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