{"id":105,"date":"2015-09-15T22:00:37","date_gmt":"2015-09-15T20:00:37","guid":{"rendered":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/?p=105"},"modified":"2020-02-23T19:42:20","modified_gmt":"2020-02-23T18:42:20","slug":"entre-ciel-et-terre","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/2015\/09\/15\/entre-ciel-et-terre\/","title":{"rendered":"Entre Ciel et Terre"},"content":{"rendered":"<p>Le train berce mes yeux \u00e0 la vue des nuages. Le ciel est habill\u00e9 ce matin, la journ\u00e9e va \u00eatre mouvement\u00e9e. Des silhouettes famili\u00e8res se dessinent et envahissent mon \u00e2me d\u2019enfant. Le vent s\u2019improvise chef d\u2019orchestre, j\u2019entends au loin l&rsquo;harmonie des rayons du soleil s\u2019accorder sur les gouttes d\u2019eau. Soudain suspendue au milieu d\u2019un nuage d\u00e9voilant une souris, je plane au dessus de ma vie. Les images intenses disparaissent au rythme de la vitesse du train, la t\u00eate tourne l\u00e9g\u00e8rement, ce man\u00e8ge f\u00eate la joie en symbiose avec ma romance, la douce folie prend place voiture 18.<\/p>\n<p>Une sir\u00e8ne expose son corps, bras couronne, tandis qu\u2019un canard \u00e0 trois pattes l\u2019avoisine guilleret. \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Rapidement l\u2019un dans l\u2019autre, un rocher s\u2019\u00e9l\u00e8ve, refuge du jeune chevreuil craintif aper\u00e7u tant\u00f4t. \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0D\u2019autres pics, caps et p\u00e9ninsules s\u2019unissent \u00e0 ma vue composant furtivement une immense cha\u00eene de montagne. \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Inopin\u00e9e une truffe chaude embrasse la neige blanche sans la moindre retenue. Je reconnais l\u00e0 mon ami ador\u00e9, \u00ab\u00a0glissons ensemble sur les sommets enneig\u00e9s\u00a0\u00bb, lui dis-je. Inconsciemment j\u2019entame une discussion avec lui. Il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 travers les nuages que cela est possible. Ce chenapan poilu, renifleur de c\u00e8pes, est intelligent de fid\u00e9lit\u00e9. Les carottes sont crues, les cornets de glaces se partagent, je tombe \u00e0 v\u00e9lo et je te c\u00e2line : les souvenirs inondent mes yeux face \u00e0 notre complicit\u00e9 illustrant un ballet de jeux insouciants. Mon coeur s\u2019emballe. \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Le train lui ralentit, premier arr\u00eat, la route est encore longue. \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0L\u2019enfance peint le ciel pendant que les nuages s\u2019entrem\u00ealent ; p\u00eale-m\u00eale, tu t\u2019\u00e9loignes. \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Mon patou, attends, je n\u2019ai pas tout dit.<\/p>\n<p>L\u2019instant est propice \u00e0 l\u2019agitation des voyageurs. Une onde stressante et peu agr\u00e9able envahit l\u2019atmosph\u00e8re : je patiente, viol\u00e9e dans mes pens\u00e9es. Je ne peux m\u2019emp\u00eacher d\u2019observer les situations grotesques qui emprisonnent ces gens. Le trop s\u00e9rieux mondain t\u00e2tonne sans ampleur et les costumes sont de mauvais go\u00fbt. Ce soir je fumerai ma pipe au dessus de Paris, riant de mes acolytes journaliers. Je prendrai le temps de penser \u00e0 ceux qui n\u2019ont le temps de rien et qui emportent avec eux des valises fatigu\u00e9es d&rsquo;\u00eatre vides. Une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre ne devrait \u00eatre redondante, d\u2019une repr\u00e9sentation \u00e0 l\u2019autre l\u2019improvisation \u00e9veille, surprend, ravit et nourrit l&rsquo;histoire de notre vie. Je ne la vois nulle part ici, je ne ressens qu\u2019une esp\u00e8ce de lassitude pesante. Heureusement, la douceur d\u2019un baiser illusionnera ma soir\u00e9e, un regard apaisera mon \u00e2me. \u00ab\u00a0Le salut de l\u2019homme passe par l\u2019art\u00a0\u00bb alors je peindrai sans savoir, par amour. En attendant, les rails guident mon chemin et je rejoins l\u2019aiR des nuages qui vaporise des sensations oubli\u00e9es voire essentielles. Parfois je les fuis, aujourd\u2019hui je les cherche.<\/p>\n<p>Chopin chatouille mes oreilles, le classique m\u2019invite donc \u00e0 contempler ma m\u00e8re. Elle danse au milieu des rayons du soleil, m\u2019accompagne et survole mon tableau. Belle enfant sauvage, tout me fascine chez elle, des \u00e9l\u00e9phants d\u2019Afrique aux chats perch\u00e9s dans sa demeure. Pins perdus, nous nous attardons au fil de chaque saison \u00e0 la cueillette des fruits de nos envies. Gourmande, je bois dans ses bois reposants. Notre demeure dessin\u00e9e s\u2019apparente dor\u00e9navant \u00e0 un pissenlit. In\u00e9vitablement je souffle, lib\u00e9rant ainsi un champs de tournesol tournoyant \u00e0 l\u2019horizon. Mes l\u00e8vres \u00e9tirent un sourire admiratif \u00e9voquant Klimt, Van Gogh et Monet derri\u00e8re ce miroir jauni.<\/p>\n<p>Je ponctue mes id\u00e9es d\u2019exclamations laissant l\u2019interrogation de c\u00f4t\u00e9 et je pointe avec virgule les mots. Attentive \u00e0 l\u2019intimit\u00e9 curieuse des sentiments troubl\u00e9s par le temps, alors que mes paupi\u00e8res s\u2019alourdissent, les nuages confortables m\u2019installent au milieu de ceux qui m\u2019\u00e9merveillent. Une pluie de pavots r\u00e9v\u00e8le Morph\u00e9e, alchimiste certain de mes douces r\u00eaveries, c\u2019est avec ce papillon qu\u2019il faut d\u00e8s lors n\u00e9gocier la fin de mon tRajet.<\/p>\n<p>\u00a9 Emilie Z\u00e9beRt<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le train berce mes yeux \u00e0 la vue des nuages. Le ciel est habill\u00e9 ce matin, la journ\u00e9e va \u00eatre mouvement\u00e9e. Des silhouettes famili\u00e8res se dessinent et envahissent mon \u00e2me d\u2019enfant. 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