{"id":1,"date":"2015-07-11T08:45:34","date_gmt":"2015-07-11T07:45:34","guid":{"rendered":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/?p=1"},"modified":"2020-04-12T08:48:16","modified_gmt":"2020-04-12T06:48:16","slug":"a-jeannette","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/emilie.paris\/blog\/2015\/07\/11\/a-jeannette\/","title":{"rendered":"A Jeannette"},"content":{"rendered":"<p><em>Un homme et une femme<\/em>\u00a0\u00e0 l&rsquo;\u00e9cran berce la ch\u00e8re nuit de notre amour tandis qu&rsquo;une araign\u00e9e se glisse sous mon pull sans crier gare. Une sensation \u00e9trange chatouille ma peau faisant na\u00eetre l\u2019\u00e9pouvante dans le lit o\u00f9 nos corps, \u00e0 peine couch\u00e9s, isolaient la qui\u00e9tude. Tu me calmes, serein, il est trop tard pour mes psychoses. De fait, un cheveu mal plac\u00e9 s&rsquo;installe sous l&rsquo;aile de mon imagination, apaisant ainsi mes sursauts importuns.<\/p>\n<p>L\u2019envie de dormir nous sable les yeux, l&rsquo;inutilit\u00e9 du pull habille ma r\u00e9flexion, je me d\u00e9v\u00eats h\u00e2tivement. A mi-hauteur, lorsque ma t\u00eate se baisse afin de donner \u00e0 mes bras l\u2019extension n\u00e9cessaire, je l\u2019aper\u00e7ois active sous mon sein gauche qui remonte brusquement vers mon visage, arrogante du bout de ses pattes \u00e9paisses d\u2019un noir certain, le corps lourd et interrogatif, l&rsquo;aiR de dire : \u00ab\u00a0pourquoi me d\u00e9couvres-tu de la sorte ?\u00a0\u00bb La frayeur est imm\u00e9diate, debout et nue aussi vite que possible, tremblante de sueurs froides, je frotte peau et cheveux d&rsquo;un acharnement maladif afin de d\u00e9loger l&rsquo;imposteur. Tout autant paniqu\u00e9 dans l\u2019ignorance, tu la cherches attentivement. Elle est \u00e0 terre, inerte, rep\u00e9r\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 sa corpulence impressionnante, de pr\u00e8s comme de loin. Pauvre dame violemment expuls\u00e9e par mes soins contre le mur, le tout accompagn\u00e9 d\u2019un cri \u00e0 r\u00e9sonances multiples. Heureusement la surdit\u00e9 arachn\u00e9enne est bel et bien effective contrairement \u00e0 celle de nos voisines affol\u00e9es par tant de raffut. Affaiblis, il est temps de se dire adieu, \u00e9tonn\u00e9s par cette nouvelle rencontre.<\/p>\n<p>Ce cadeau de notre pr\u00e9c\u00e9dent s\u00e9jour campagnard \u00e9prouve nos \u00e9changes. Jeannette aurait sans doute pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 le bouquet champ\u00eatre, humble d\u00e9coration sur chemin\u00e9e, non loin d&rsquo;une issue de secours. Au lieu de prudence, elle s\u2019est promen\u00e9e le long de mon \u00e9paule, m\u2019a effleur\u00e9 si l\u00e9g\u00e8rement le sein puis l\u2019aisselle, c\u00f4t\u00e9 c\u0153ur. La grosse araign\u00e9e s&rsquo;est envelopp\u00e9e dans le pli de mon pull justement remont\u00e9 au nombril suite \u00e0 l\u2019agitation. S\u2019\u00e9conomisant ainsi au chaud, les huit pattes sur ma peau accueillante, elle s\u2019est faite toute petite jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9couverte. Pas une piq\u00fbre ou une morsure, nulle trace. Un souvenir particuli\u00e8rement angoissant somme toute, injuste pour Jeannette dont la place surprenante n\u2019a \u00e9veill\u00e9 que trop tard ma curiosit\u00e9. J\u2019esp\u00e8re que sa derni\u00e8re heure de vie au contact de ma couverture naturelle lui aura apport\u00e9 le confort n\u00e9cessaire au vu des circonstances.<\/p>\n<p>Les superstitieux me croiront chanceuse, les pessimistes diront l\u2019inverse puisqu\u2019elle n\u2019est plus. \u00c0 vrai dire, je suis simplement \u00e9mue pour Jeannette l\u2019effrayante meurtrie, trompeuse d&rsquo;apparence et naturellement utile. Une fille de la campagne bien mal aguerrie me distingue \u00e9trangement. Merci mon amour d\u2019avoir mis fin \u00e0 l\u2019hyst\u00e9rie inconsciente, primaire et douloureuse. Elle ne reviendra plus, mes nuits seront paisibles et je sais combien cela t\u2019a co\u00fbt\u00e9 d\u2019accompagner son corps, j&rsquo;ai entendu le murmure de ta voix. \u00c0 ma place ton instinct aurait \u00e9t\u00e9 similaire, dis-tu rassurant, sauf que l\u2019attaque n\u2019\u00e9tait qu\u2019imaginaire. Pardon Jeannette, la fabuleuse inattendue ! Mes bras auront couv\u00e9 g\u00e9n\u00e9reusement ce dont j\u2019ai le plus horreur ! Je pense \u00e0 la nuit o\u00f9 ses b\u00e9b\u00e9s prendront la rel\u00e8ve \u00e0 base de c\u00e2lins chez d\u2019autres qui s\u2019accoutumeront ais\u00e9ment. J\u2019imagine cette dame de pique \u00eatre un exemple de m\u00e8re arachn\u00e9enne, fervente d\u00e9fenseuse de la paix et de l\u2019union. Dor\u00e9navant, une nouvelle cohabitation n&rsquo;animera plus mes peurs. Mes r\u00eaves ne seront que meilleuRs.<\/p>\n<p>\u00a9 Emilie Z\u00e9beRt<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un homme et une femme\u00a0\u00e0 l&rsquo;\u00e9cran berce la ch\u00e8re nuit de notre amour tandis qu&rsquo;une araign\u00e9e se glisse sous mon pull sans crier gare. Une sensation \u00e9trange chatouille ma peau faisant na\u00eetre l\u2019\u00e9pouvante dans le lit o\u00f9 nos corps, \u00e0 peine couch\u00e9s, isolaient la qui\u00e9tude. 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